En 1915 il s’engage dans l’armée Britannique et participe en tant qu’officier de liaison à la Grande Guerre. Il verra la terrible bataille de la Somme en France. Il perdra dans cette boucherie presque tous ses amis. Tolkien sera rapatrié du front en 1917 à cause d’une "fièvre des tranchés". Et c’est durant sa convalescence qu’il commencera à écrire son premier récit elfique "The Book of Lost Tales" (Le livre des contes perdus, traduit en français par son petit-fils Adam Tolkien !).

J.R.R. Tolkien devint un professeur d’université, un "Don" comme on dit là-bas. Mais il travailla d’abord entre 1918 et 1920 comme lexicographe dans l’équipe du New English Dictionary, le "Oxford English Dictionary", ou OED. Il rédigea les définitions de noms dans les W -- par exemple le mot walrus (morse) dans le OED est de Tolkien. Il travailla ensuite à l’université de Leeds (1920-25) d’abord avec le titre de "Reader", puis "Professor" de langue anglaise. Par la suite il fut nommé "Rawlinson" et "Bosworth Professor" d’anglo-saxon à l’université d’Oxford de 1925 à 1945 ; puis "Merton Professor" de langue et littérature anglaise de 1945 jusqu’à sa retraite en 1959. Tolkien était un grand spécialiste du dialecte mercien (Mercian) du vieil anglais (le dialecte du centre de la Grande-Bretagne parlé entre 450-1150) et il étudia et enseigna dans une moindre mesure les autres langues germaniques (Norrois et Gotique surtout), mais c’était aussi un spécialiste du moyen anglais (parlé entre 1150-1500 en Angleterre), et plus particulièrement le dialecte utilisé dans Ancrene Wisse (un manuscrit du XIIe siècle). Tolkien était non pas un "linguiste" comme on le lit souvent, il n’élabora pas de théorie linguistique, mais un "philologue", un spécialiste de la littérature et des manuscrits du Moyen-âge, un esthète du langage anglais, un spécialiste de son histoire, un amoureux des belles sonorités.

ohn Ronald Reuel Tolkien est né à Bloemfontein dans l’Etat-Libre d’Orange (en Afrique du Sud) un 3 janvier 1892. Mais il dut quitter son pays natal à cause de sa santé ; il ne supportait pas les grandes chaleurs de ce pays. Cependant son père, directeur d’une banque, était resté en Afrique et il y mourut le 15 février 1896 sans que ses deux fils (le frère cadet de John, Hilary Arthur Reuel, était né le 17 février 1894), ne le revoient. John fit sa scolarité à la "King Edward’s School" (il y fut capitaine de l’équipe de rugby), puis à la "St. Philip’s Grammar School", et enfin à l’Oxford University. Sa mère mourut alors qu’il n’avait pas dix ans et il se trouva sous la tutelle d’un prêtre catholique (dans un pays à forte majorité anglicane). Toute sa vie J.R.R. Tolkien sera un fervent croyant. (Son fils aîné John est devenu prêtre.)

Son premier roman "The Hobbit or there and back again" parait en Angleterre le 21 septembre 1937. Il est tiré à 1500 exemplaires. Aujourd’hui traduit dans plus de vingt langues il est devenu un classique de la littérature.

Depuis sa plus tendre enfance Tolkien était fasciné par les langues. Il connaissait très bien le latin, mais aussi le grec, et même l’hébreu, il parlait aussi le gallois. Mais sa langue favorite était le finnois. La langue des Finnois de Finlande (on y parle aussi le suédois). Tolkien était très attiré par "la matière du Nord" les sagas islandaises et les Eddas, mais il aimait aussi lire la SF (Asimov) et du Fantastique (William Morris et George MacDonald).

Après le succès du "The Hobbit" Tolkien s’attela à la suite. ce travail lui prit des années. Et il devint un énorme roman : The Lord of the Rings, publié en trois volumes en 1954 pour le premier volume et en 1955 pour les deux autres. Mais il fallut attendre la fin des années 60 et la vague des Hyppies pour que The Lord of the Rings devienne un livre culte sur les campus américains.

Durant les années après la publication du Lord, et ce jusqu’à sa mort en septembre 1973, J.R.R. Tolkien travailla à "analyser" et "explorer" son Monde Secondaire. Il ne put cependant pas finir son "opus magnus" The Silmarillion, car il pensait que désormais à l’âge atomique (n’oublions pas que nous étions alors dans les années atomiques 50) peu de gens pouvaient croire à une histoire avec un Monde plat et une mythologie "barbare" où l’origine de la Lune et du Soleil remontait à des Arbres de Lumière. Et aussi son Monde sans cesse se complexifait : il ne put, ou ne sut, ou ne voulut pas le finaliser. Mais il n’en reste pas moins que des dizaines d’histoires passionnates furent écrites par Tolkien en dehors du Hobbit et du Seigneur des Anneaux, comme L’Athrabeth Finrod ah Andreth (théologique et religieux), L’Esse-kenta Eldarinwa (sur l’origine des noms des Elfes pour eux-mêmes et les autres Incarnées (Humains, Nains, Orques, Valar)) et l’Osanwe-kenta (sur la téléphatie des Valar et des Elfes et des Humains).

Mais sa passion a toujours été ses langues imaginaires et avant tout les langues des Elfes, le haut-elfique ou quenya. Il composa son premier ouvrage linguistique sur cette langue en 1917, la Qenyaqetsa (une description phonologique historique et un dictionnaire de cette langue classé par racine (et pas alphabétique)).

texte © E. Kloczko et la Fée, reproduit avec l'autorisation de l'auteur.
Plus d'informations sur le site de la Fée (La Faculté des Etudes Elfiques)